Les perspectives d’une rétrospective
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Par Mérès Weche 

C’est sous l’expression « We want Miles » qu’est conçue la rétrospective Miles Davis au Musée des beaux-arts de Montréal en cet été 2010. Un événement qui s’inscrit en lever de rideau du traditionnel Festival International de Jazz de Montréal.

L’histoire d’amour de la plus grande métropole française de l’Amérique avec le Jazz remonte aux années 60, s’il faut en croire la professeure  d’histoire Michèle Dagenais, qui place à cette époque  l’ouverture de Montréal à la Renaissance noire .

En effet, vers 1930, le quartier de Harlem à New York devint le centre d’une véritable Renaissance culturelle afro-américaine. Outre des Noirs américains, on y trouvait des Antillais et des Africains. Le Jamaïcain Marcus Garvey et l’Haïtien Jean Brierre se joignirent à Richard Wright pour célébrer ce qui s’appelait à l’époque le « black soul ». L’engouement était si fort que Garvey et Malcom X prêchaient le retour à l’alma mater, l’Afrique.

Cette Renaissance prenait corps à la fois dans la musique et la littérature . Elle était surtout marquée par les œuvres de William Dubois, dont le roman La princesse noire (1928) et les essais Eau noire ( 1920) et Le don du peuple noir (1924). Ce mouvement doit sa force en particulier à une publication de Richard Wright Les enfants de l’oncle Tom et aux prestations de Joséphine Baker dans des cercles culturels qui ne tardèrent  pas à gagner d’autres villes telles que Chicago et Los Angeles. Ce fut l’époque où des chanteurs comme Paul Robeson et Marian Anderson devinrent célèbres , alors que les Negro spirituals, qui commençaient à se révéler au XIXe siècle, allèrent prendre leur forme définitive. Louis Armstrong et Cab Calloway animaient les nuits de la Nouvelle Orléans, et Ducke Ellington créait le Jazz orchestral. Avec les blues et l’opéra de Bizet, plusieurs autres révélations allaient se produire en la personne de Carmen Jones, William Grant Still et Catherine Dunham. 

Le phénomène Miles Davis

Né en 1926, Miles Davis aura donc hérité d’une démarche d’authenticité raciale sans cesse nourrie par les lynchages du Sud des États-Unis.  De plus en plus, l’âme africaine  en Amérique du Nord se révélait émotionnelle et vive. Les éminentes figures du Be-Bop , en l’occurrence Dizzie Gillespie et Charlie Parker lui apporteront l’aide qu’il fallait pour développer son talent , nourrir son inspiration , et pour enfin insuffler toute son âme dans cet instrument fait sur mesure pour lui : la trompette. Il aura connu à l’âge de 23 ans à Paris, soit en 1949, son premier Festival International de Jazz, à un moment où la jeunesse intellectuelle française, éprise d’existentialisme, voyait dans le Jazz une manière de démystifier les fausses valeurs et de proclamer la primauté de l’émotion dans l’expressivité humaine.

Dans l’ambiance de St-Germain des Prés, Miles Davis liera amitié avec Boris Vian qui lui écrira l’article révélateur pour devenir sans tarder une icône à Paris.  Au moment de passer du Be-Bop au Cool-Jazz, dans l’entourage de Gerry Mulligan et de Gil Evans, le réalisateur Louis Malle jettera son dévolu sur lui pour la composition de la musique du film Ascenseur pour l’échafaud.  Chef-d’œuvre qu’il réalisera en une nuit à la grande satisfaction de l’auteur et des acteurs Maurice Ronet et Jeanne Moreau. Il ne faut point omettre cependant le rôle joué dans sa vie par Juliette Gréco qui lui faisait oublier par moments les rigueurs de la ségrégation raciale et les stéréotypes liés aux nuances de l’épiderme.

Ironie de l’histoire, ce furent les Blancs du Sud des États-Unis qui, par dérision, traitèrent la musique noire de « Jazz », c’est-à-dire cacophonie. Et le terme a fait son chemin pour désigner aujourd’hui la source indiscutable de la musique moderne. Dans le domaine des Arts-plastiques, Picasso s’en inspirait, il en fut de même de Delacroix dont les œuvres ont marqué la peinture française.

Au fil du temps, l’art de Miles s’est popularisé à travers le monde. Cependant, après un temps d’hibernation dans sa longue carrière, il reviendra en selle et sur scène vers les années 1980 pour justement produire un « come back » baptisé « We want Miles ». C’est de là que vient justement le titre de cette rétrospective au Musée des beaux-arts de Montréal.

Dans la préface du catalogue de l’exposition, Laurent Bayle et Eric de Visscher, respectivement directeurs de la Cité de la Musique et du Musée de la Musique à Paris, affirment sans broncher que Miles est la figure emblématique d’une légende, « … celle du Jazz d’abord devenu genre planétaire, la sienne ensuite, celle d’un artiste « global » qui transcende les styles, les écoles et les genres pour s’affirmer en tant que musicien, créateur, chef de file d’un courant musical phare du XXe siècle ».

C’est tout dire, pour non seulement justifier le bien-fondé et la pertinence de cette rétrospective montréalaise de l’artiste, mais pour aussi espérer des perspectives de développement intégral du Jazz comme  voie musicale innovante au Québec.

Mérès Weche

Membre d’Art-Media et d’AICA

Photo: Anthony Barboza, photos tirées de la séance pour la pochette de l'album You're Under Arrest, 1985, 100 x 100 cm. Collection Anthony Barboza. Photo © Anthony Barboza

La rencontre des arts

Cette section traitant de la transdisciplinarité débute avec cette exposition importante d’un artiste parmi les  les plus influents du XXe siècle: Miles Davis. Le musée des Beaux-Arts de Montréal présente jusqu’au mois d’août WE WANT MILES, une ingénieuse exposition qui reprend une formule présentée en France et confirme une volonté du MBAM de poursuivre dans la continuité des Warhol Live et Imagine. Selon Natalie Bondil, Directrice du musée, il est important d’évoquer  une affinité de la musique avec les arts visuels. Le plus important représentant de la section COOL du jazz, nous fait découvrir dans cette exposition présentée jusqu’au 29 août 2010  sa passion pour la peinture et le dessin; pour Basquiat qu’il joue (...) dans ses traits propres.
 

Nous avons jugé approprié de proposer cette lecture  qui remonte au début de l’histoire des noirs en Amérique. Leroy Jones

L J

 

Soie noire du ciel

multicolores artifices,

joie qui rassemble.

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Miles Davis, I can U Can't, 1990 118 x 172 cm. Collection of André Martinez et Odile Matinez de la Grange. Photo Alex Krassovsky

Lire l’article d’André Seleanu

basquiat, sans titre 1981, acrylique, aérosol, 79x111, coll Annina Nosei

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Portrait of artist as a Young Deretict 1982

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Rétrospective 2005

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Basquiat réstrospetive 2010 (photos Léonel Jules)
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